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De Joux Musique: Home

Solo Play with music:

"Songs of an Immigrant: Tales from Paris"

Written and performed by Marni Rice and directed by Sandie Luna.

This show was developed with the support of MUD/BONE, a creative community.

It is currently in development at The Resident Artist Program of Mabou Mines//Suite 2008-09. http://www.maboumines.org.

Mabou Mines/SUITE is supported with funds generously provided by the Jerome Foundation and the Foundation for Contemporary Art and with Public support from the City of New York Department of Cultural Affairs.

This show was presented as a Bi-Lingual

French/English production at The St Ambroise- Montreal International Fringe Festival: June 14-21st, 2008 in Montreal, Quebec, CANADA.

See "Press" for press release in English & French.

For reviews from the Festival, see "NEWS"

See below, Article in French from

Le Devoir, Montreal, QC - June 2008

Excerpt on You Tube:

ARTICLE FROM 'LE DEVOIR', Montreal QC

June 14, 2008


Au fond, c'est simple: je n'arrive tout simplement pas à me défaire de mes préjugés et à y croire. Chaque année, quand revient le Fringe -- et quelle que soit l'intensité de la provocation véhiculée par l'affiche du festival --, l'événement ressemble d'abord et avant tout à une sorte de gros party d'étudiants surtout anglophones... avec toutes les subtilités afférentes auxquelles on peut penser: drag queens, stand up usés, comedy à répétition... Mais tout le monde peut se tromper: et il vaut toujours mieux se montrer curieux, au cas où...

Singularité compromise

Avec les années, surtout depuis l'arrivée d'un commanditaire sérieux, il faut dire que le Fringe de Montréal commence à se ressembler d'une édition à l'autre. Quand on fait le tour des principaux Fringe à travers le monde, on se rend compte rapidement que c'est un tout petit festival que l'on présente ici: «small is beautifull» au pied du mont Royal. Yeah! Rien par rapport à l'ampleur et à la véritable importance de l'ancêtre qu'est le gigantesque Fringe d'Édinbourg (www.edfringe.com), «the largest arts festival in the world»...

Mais le petit festival de Montréal affiche maintenant une personnalité qui le fait se

démarquer de tous les autres. Primo: il est surtout orienté sur le théâtre (dans son sens le plus large... et paradoxalement le plus mince aussi, il faut bien le dire) et la danse. Alors que d'autres Fringe, comme ceux de Winnipeg ou d'Edmonton, par exemple, les plus importants au Canada, sont des rendez-vous souvent un peu plus musicaux. Et secundo, bien sûr: même si je vous balance des phrases en anglais depuis le début, il y a surtout que le Fringe de Montréal est le seul à présenter presque le tiers de sa programmation en français.

Au cours des dernières années, on a bien tenté quelques expériences, en France, avec le Off d'Avignon et un autre festival marginal (à Bordeaux je crois), mais la mayonnaise n'a jamais pris... de sorte que la caravane du Fringe, qui fait le tour du monde en s'arrêtant un peu

partout sur tous les continents ou presque, parle surtout anglais... Montréal est donc une exception dans la «communauté fringe». Mais pour combien de temps encore?

C'est une question qui devrait préoccuper le directeur général de l'événement, Patrick Goddard. D'abord parce que c'est la présence à cette programmation francophone qui lui permet d'élargir chaque année le public du Fringe -- on en était à un peu plus de 45 000 spectateurs l'an dernier alors que Winnipeg (Winnipeg!) en draine presque 75 000... Renoncer à élargir la participation des francophones à cause des règles de l'association regroupant la centaine de Fringe dans le monde -- 20 % de la programmation est «internationale», 20 % est locale (ici «canadian») et une part égale de 30 % est réservée aux Anglos et aux Francos québécois -- c'est un peu se condamner au ghetto anglophone de McGill où le Fringe de Montréal est né...

Ce n'est toutefois pas ce que laissait entendre Patrick Goddard lors d'une entrevue diffusée sur le réseau CTV que l'on retrouve sur le site (remarquablement efficace!) du Fringe -- montrealfringe.ca/fr. Goddard est un personnage fort intéressant: il voit l'avenir du festival avec optimisme. Pour lui, tous les indices sont en progression: plus de représentations, plus de salles, plus de spectateurs payants et plus de retombées sonnantes pour les performeurs des compagnies participantes, qui se voient remettre la totalité des guichets. Le festival est bien placé, toujours quelque part entre le FTA et Juste pour rire, encore en début de saison, par principe plein de surprises...

Goddard sait tout cela puisqu'il a porté tous les chapeaux au Fringe depuis sa fondation. Il y a d'abord travaillé comme bénévole avant de gravir les échelons, tout en jouant, en signant des mises en scène et quelques textes aussi; il a même quitté le festival quelques années en

ne se permettant que d'être «consultant». C'est lui qui aura permis au Fringe de Montréal de devenir ce qu'il est. Originaire de l'Ouest canadien, Goddard s'est de plus en plus impliqué dans la communauté artistique anglo-montréalaise et il dirige aujourd'hui le Main Line Theatre, qui offre maintenant, toute l'année durant, des spectacles de la scène théâtrale marginale «canadian» et des productions d'ici. C'est un vrai, Patrick Goddard.

Pourtant, il ne semble pas voir venir le danger de marginalisation à outrance qui menace son festival.

Transformations majeures

De quoi parle-t-on au juste? Tout simplement du fait que la scène théâtrale montréalaise est en train de vivre des transformations majeures.

Sa base s'élargit. Chaque année, formés dans les grandes écoles, il y a de plus en plus de techniciens, de concepteurs, d'acteurs, de metteurs en scène, d'administrateurs... et de compagnies de théâtre. De jeunes compagnies de théâtre qui veulent survivre et qui trouvent de plus en plus fréquemment le moyen de se regrouper pour y arriver. Et qui proposent des initiatives brillantes, comme la Centrale ou Carte Premières... qui permet précisément de se brancher sur la frange de ce qui se fait ici hors des scènes reconnues. Ou encore -- comme on le voit depuis deux ans avec la mise sur pied du O.F.F.T.A. -- sur des événements de fin de saison de mieux en mieux organisés et de mieux en mieux groupés. Les publics -- et surtout les principaux créateurs! -- de ces petites compagnies sont aussi ceux du Fringe.

Fini le temps où l'on passait directement de la fin de la saison théâtrale au théâtre d'été. Aujourd'hui, «les vacances» ne sont plus qu'une série de festivals attirant des publics plus jeunes, plus «participatifs», jusqu'à la chute des feuilles en automne. L'offre s'est considérablement diversifiée en plus de se multiplier... et le Fringe n'est plus seul. On peut s'en rendre compte rapidement en feuilletant, par exemple, la liste d'événements théâtraux «marginaux» à l'affiche présentement à Montréal. Ou simplement tous ceux auxquels étaient invités nos lecteurs en fin de chronique, mardi dernier, dans nos pages.

Mais, où me suis-je égaré? Au Fringe de Montréal, bien sûr, qui roule à pleine vitesse depuis hier. Où je vous recommande bien sûr d'aller faire un tour, ne serait-ce que pour vous faire votre propre opinion. Tous les spectacles qui y prennent l'affiche me sont totalement inconnus, à peine ai-je déjà entendu le nom de certaines petites compagnies d'ici. Mais parmi les dossiers arrivés au journal, deux m'ont particulièrement intrigué et c'est pour cette seule raison que je me permets de vous les suggérer. Il s'agit de Charlotte du Mexique, impératrice du néant mis en scène par Lori Hazine Poisson d'après un texte de Del Paso qui propose un spectacle qui a connu du succès ici et qui a voyagé en Amérique latine; et de Chansons d'une immigrée; contes de Paris de et avec Marni Rice. Charlotte est présenté au Théâtre La Chapelle toute la semaine durant à compter de samedi et les Contes de Paris au Cabaret Juste pour rire à compter de samedi aussi.

Ne vous reste plus qu'à plonger pour savoir ce qu'est devenue la marge. Bon Fringe!